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Retrait des alliés de la CEDEAO, quid des conséquences ?

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger se retirent de la CEDEAO avec effet immédiat.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger se retirent de la CEDEAO avec effet immédiat. Pendant que les négociations se poursuivent pour un retour dans l’espace communautaire, ces retraits annoncés du trio, formant l’Alliance des Etats du Sahel (AES) sont venus marquer un tournant décisif dans la relation entre ces deux espaces. Si les premières réactions se sont montrées prudentes dans les analyses, se posent toutefois des questions sur les conséquences sociopolitiques et économiques sur les Etats de l’AES et ceux de l’organisation régionale.

Selon certains observateurs, le premier impact est d’ordre économique. Les pays de l’AES pourraient faire face à des ajustements économiques en raison de la perte des avantages liés à l’intégration économique régionale, tels que la libre circulation des biens et des personnes (où persistent déjà des difficultés douanières notamment), les accords commerciaux privilégiés entre autres. « Des droits de douane seront appliqués pour les marchandises entrant dans les pays membres, rendant les affaires plus difficiles pour les entreprises de ces pays » a fait savoir Lionel Zinsou, économiste et ancien premier ministre béninois sur RFI.
Dans une tribune du professeur Moritié Camara, relayée par Wakatsera, la question de l’implantation des entreprises originaires de ces pays sur l’espace communautaire de la CEDEAO ne tarderait pas. « Pour des entreprises dont certaines sont installées depuis plusieurs décennies, les choses également risque d’être très compliquées au niveau des garantis des investissements, des taxes et de rapatriement des fonds » a-t-il relevé.

Dépendants des ports des pays côtiers pour l’exportation des denrées alimentaires et les ressources minières, le Burkina Faso, le Mali et le Niger risqueraient de s’enclaver d’avantage. « Les choses vont être compliquées pour les services de transports et les ports puisque ces pays de l’Alliance des Etats du Sahel (…) sont enclavés.» a précisé l’ex-chef du gouvernement béninois. S’il est avéré que ces derniers mois, d’autres ports comme ceux de l’Algérie et de la Mauritanie ont été fortement sollicités, « avec l’insécurité sur les routes qui les relient à ces ports, on est autorisé à se demander si cela peut être viable et profitable sur le long terme » est indiqué le professeur Camara.
Les relations diplomatiques pourraient aussi prendre de sérieux coups avec ces retraits de la CEDEAO. Ces répercussions sur les relations diplomatiques entre les pays de l’AES et les autres États membres de la CEDEAO pourraient influencer la coopération régionale sur diverses questions, y compris la sécurité, le commerce et le développement. La coopération régionale en lambeau. Les trois pays de l’AES pourraient perdre l’accès aux programmes et aux projets régionaux financés par la CEDEAO, lesquels programmes et projets des avancées considérables ont été faits. Cela pourrait affecter également la participation de ces pays à des initiatives régionales de développement et de sécurité.

Sur le plan socioculturel, ces retraits pourraient déteindre sur les relations culturelles et historiques entre les populations de ces pays et celles du reste de l’organisation sous régionale. Aussi pourraient-ils compliquer les défis humanitaires, affectant notamment les réfugiés, les déplacés internes et les migrants.
« Cette décision semble plus être un appel du pied pour être réintégré dans la communauté régionale et internationale qu’une réelle volonté de partir. Le temps court nous dira ce qu’il en est véritablement » a publié le professeur avant de souligner que ces trois Etats ont plus à perdre qu’à gagner en sortant de l’Organisation »

Ces trois (3) pays dirigés par des régimes militaires au pouvoir ont claqué la porte de la CEDEAO pour disent-ils prendre toutes leurs responsabilités devant l’histoire et répondant aux attentes, préoccupations et aspirations de leurs populations, décident en toute souveraineté du retrait sans délai du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, qui maintient, pour sa part, ses sanctions sur ces pays. « (…) et c’est un chemin de non-retour » a insisté Ibrahim Traoré, Président de la transition au Burkina Faso.

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